Tes doigts sont des obus

Tes doigts sont des obus
de matière amoureuse
Qui déblaient le ciel
l’abattent comme du plâtre

Tes doigts sont dévisseuses
qui vissent mes yeux
ma structure se casse en deux
et on me ramasse à la pelle
avec des fleurs bleus
et mon cœur de connard bondit à 8000 mètres
au-dessus des sonars
là où les cosmonautes pissent dans des tuyaux
et mangent des sandwichs volants

Les routes sont
obstruées
des gros bouchons partout
des amas de clones de gens
qui recherchent l’originalité
et que la mort ramasse dans un camion poubelle
bien dégueulasse
avec un air de s’en foutre royalement
ça sent d’ici que les chemins sont défigurés
nous n’en prendrons aucun
autant rester sur place
disparaître avec les derniers animaux
le dernier chat le dernier poisson rouge
le dernier des Mohicans

J’aurais aimé prendre les âmes des bêtes mortes sur les routes
et te faire un collier de macaronis
les effilocher
et plonger à l’intérieur
avec tous nos vertiges et nos vestiges
qu’on ne se prenne pas la tête
loin des escargots cloués au sol
dans de bêtes morves
juste à boire la pluie du ciel fraîche comme un soda
ressentir les rayons du soleil
à la cime

Des rêves difficiles à saisir
Des rêves
comme des châtaignes
à se balancer pour écorcher la peau
de nuit et de sommeil
des impacts de mésanges
et nos lèvres comme de grosses babines
de clébards en chien
la source des puces qui nous démangent
le ventre en vain

Tes doigts sont des obus
qui bombardent les pays ennemis,
sans scrupule,
assomment les guerriers
de grenade à la grenadine,
sans pitié,
laissant des traumatismes à la pioche
des cadavres aux allures de framboise
qui rougissent d’amour
et empestent le chagrin

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