Manifeste AR

Bonjour. Il faut s’expliquer un jour poétiquement sur le monde. J’ai un mal de chien à voir le ciel d’où je me situe, c’est donc que la poésie peut se faire dans un tiroir. Elle peut se pratiquer dans un cube d’un mètre cube. Elle peut se pratiquer en boule, car même recroqueviller on peut voir ses doigts de pieds et composer une ode à ses ongles :

 

ô ongles

tranchez la gorge des chaussettes

et naissez au monde

 

Lire de la poésie peut aussi se faire dans un tiroir, à l’aide d’un livre bien pliable et pas trop épais. On peut le caler dans l’orifice du nombril.  et se nourrir de l’amniotique. La poésie n’occupe pas beaucoup de place elle essaie même d’être un simple point qui troue l’espace-temps pour ouvrir à l’infini de l’éternité. Et vous pouvez très bien prétexter que si la terre explose comme une sauce tomate au micro-onde il n’y aura plus la moindre poésie, un milliard de cailloux broyés n’enlèveront pourtant rien au fait qu’un vers d’Arthur Rimbaud a bel et bien existé. C’est que la matière ne peut pas one shot le temps.

Le flasque. Comme un peu tous tes morceaux de toi-même qui veulent couler. Couler quelque part dans un mouvement rectiligne pas droit uniforme. Le stress est la tentative désespéré de l’esprit à reconquérir l’unité du corps, à retendre le distendu, à remplir le vide. Notre chair est vide et déboîtée. Nos yeux sont les cobayes des nouvelles technologies, des petits mulots qui tètent la semence paroissiale des smartphones. On ne sait plus trop à quoi sert la souffrance. On ne sait plus trop si l’on souffre ou si l’on s’amuse. On ne sait plus trop si notre souffrance est une vraie souffrance. Alors le flasque alors le stress. Le stress c’est comme une pince-à-linge pour remettre à flot les viandes qui s’échouent. Comme des méduses. Errance comme un chien d’apocalypse. On boit notre visage sur les écrans. Les GPS ont annulé les étoiles, le centre de l’orientation reste notre nombril. Notre nombril est un tourbillon, un trou de peau où s’écoule le flasque. On le sent le flasque, il n’a rien à voir avec une fatigue sèche, fruit d’un effort éprouvant. Le flasque est une production de siège ergonomique. D’outils ultra-performants. De mouvements de panique de conf-call en conf-call. On le sent le flasque n’est ni une fatigue ni une mélancolie ni de l’ennui, mais la sensation d’être une brioche sans lendemain, alors on se distrait par les offres technologiques qui produisent notre flasque = cercle vicieux.

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