ça watts ?

ça Watts ?

ça vous branche des électrodes plein les yeux ?

lisez Watts, revue qui sur-volt.

ré-volt.

du petit lait électrique.

multiprise de la poésie.

plutôt que néantique : néontique.

à fleur de pile.

panneaux molaires.

photovoltaïque crotte de bique.

ça watts ?

à-peu-près

à-peu-près les yeux en face des trous
à-peu-près l’inverse
les trous au fond des yeux
à-peu-près équilibré comme la petite sirène
par des flottaisons internes des poches propres
intimes
qui maintiennent au-dessus du niveau de la mer
à-peu-près bon pour la casse
à-peu-près cassé pour de bon
à-peu-près content de faire la guerre
faisons la guerre et dansons au festival techno de la vie
il y aura toujours un type à-peu-près à tête de singe pour nous surveiller de trop près
la banane au bec
à-peu-près la tête dans les étoiles
où c’est irrespirable
mais putain de beau
comme quand on brûle un pneu
dans une campagne brune
à-peu-près avec trop de lendemains
trop de lendemains qui grouillent
des boas constrictors
les jours s’écoulent dans leurs gorges d’amour
des petites chèvres innocentes
qui n’ont rien compris à tout ce foutoir
à-peu-près aussi magnifique qu’un dieu
plus moche qu’un pou
dodu comme un ouragan
à-peu-près le cœur sur la main
plus glissant qu’une savonnette
à-peu-près la bouche en cul de poule 
la bouche élevée en batterie de culs de poules déplumées
la bouche en cul de poule déprimée
à-peu-près tes fesses qui s’enfuient comme une étoile filante
tes fesses sublunaires
où se posent des mini-cosmonautes fiers de leur pays
des couillons aveugles
à-peu-près l’image d’une montagne 
où clipser ma colonne vertébrale
et la forêt primaire foisonnerait de mon nombril
et un lac nicherait à l’encorbellement de mon téton droit
pour que les gnous exotiques y engluent leurs babines
à-peu-près pas de répit
à-peu-près quelques épis
rarement
franchement rarement
mais vachement chiant
à-peu-près prêt à gratter tes magnifiques lèvres
pour gagner 5 bisous
8 suçons ou 6 
mordillements
à-peu-près envie de brûler la maison mère
le gros cargo
de la méduse
l’arche à pognon
avec tous les animaux pognons qui veulent échapper au déluge
à-peu-près envie
de dormir sur le dos d’une baleine gentille
et immense. 

Tes doigts sont des obus

Tes doigts sont des obus
de matière amoureuse
Qui déblaient le ciel
l’abattent comme du plâtre

Tes doigts sont dévisseuses
qui vissent mes yeux
ma structure se casse en deux
et on me ramasse à la pelle
avec des fleurs bleus
et mon cœur de connard bondit à 8000 mètres
au-dessus des sonars
là où les cosmonautes pissent dans des tuyaux
et mangent des sandwichs volants

Les routes sont
obstruées
des gros bouchons partout
des amas de clones de gens
qui recherchent l’originalité
et que la mort ramasse dans un camion poubelle
bien dégueulasse
avec un air de s’en foutre royalement
ça sent d’ici que les chemins sont défigurés
nous n’en prendrons aucun
autant rester sur place
disparaître avec les derniers animaux
le dernier chat le dernier poisson rouge
le dernier des Mohicans

J’aurais aimé prendre les âmes des bêtes mortes sur les routes
et te faire un collier de macaronis
les effilocher
et plonger à l’intérieur
avec tous nos vertiges et nos vestiges
qu’on ne se prenne pas la tête
loin des escargots cloués au sol
dans de bêtes morves
juste à boire la pluie du ciel fraîche comme un soda
ressentir les rayons du soleil
à la cime

Des rêves difficiles à saisir
Des rêves
comme des châtaignes
à se balancer pour écorcher la peau
de nuit et de sommeil
des impacts de mésanges
et nos lèvres comme de grosses babines
de clébards en chien
la source des puces qui nous démangent
le ventre en vain

Tes doigts sont des obus
qui bombardent les pays ennemis,
sans scrupule,
assomment les guerriers
de grenade à la grenadine,
sans pitié,
laissant des traumatismes à la pioche
des cadavres aux allures de framboise
qui rougissent d’amour
et empestent le chagrin

Impuissant

Je pourrai pas faire grand chose
Tu sais
Quand ça arrivera
Tu sais
Quand les étoiles ne colleront plus
Qu’on lira sur les lèvres rien à foutre
Qu’on empilera les mots comme des coquillages cassés
est-ce qu’un diamant peut être sec
est-ce qu’un chagrin peut être rouge
comme une framboise
Quand on aura les yeux pour regarder ailleurs
Que les oiseaux emporteront des fléaux dans le bec
Que les poules auront des dents plus longues que des couteaux de cuisine
est-ce que les mains ont un seuil avant d’être nuisibles
est-ce qu’un beau jour traîne de la pluie dans ses baskets
comme une clairière
Quand le courant passera plus
que les racines seront révulsées
et le cosmos en compote
Je pourrai pas faire grand chose
tu vois.

XXIe siècle

trouille de crever
là comme une merde
la bouche plus sèche qu’une mue de serpent
les yeux fromage blanc
livides
trouille de crever trouille de survivre
comme un automate en carton-pâte
trouille de ne pas pouvoir suivre
le rythme
d’être à la traîne
en tête à queue
là où on se fait bouffer en silence
mâcher religieusement
avaler soigneusement
trouille d’aller bosser
trouille de ne plus rien foutre
trouille du chômage
trouille du conseiller pôle emploi
qu’il me demande mon projet professionnel
de répondre
te baiser jusqu’à l’os
empiler tous tes trous sur ma bite
comme des anneaux magiques
qui me donneront le pouvoir du chaman
TRAVAIL GARANTI A VIE AMOUR SERIEUX CHANCE AU LIT
trouille d’aimer
à m’en faire ramasser à la petite cuillère
à m’en décalotter les yeux grands ouverts d’abîmes bandantes
à m’en luxer le ciel
trouille de tout foutre en l’air
d’envoyer tout bouler
dans la voie lactée
aux quatre tords-boyaux du monde
Styx pouilleux de rats purifiés
et de tortues ninjas desséchées
trouille d’avoir un trou dans l’estomac
grand comme ça O
un grand trou grand comme ça qui aspire ma nourriture et mes illuminations
trouille d’avoir un creux à l’estomac
un petit creux petit comme ça 0
une dalle phénoménale pas banale
une dalle de tous les diables
trouille d’un sexe pas dans les normes
trouille d’un visage lambda conforme
trouille de ne pas bien me glisser dans la boite à idées
dans la viande à vider
dans l’industrie à débiter
à dépecer des sourires
des je vais bien tout va bien
les licornes sont bleues comme des hématomes
et dans les hentaïs les vagins sont des oueds à paillettes
trouille de me barrer
d’aller voir ailleurs si j’y suis
si t’y es
trouille de virer mon cul de là
sur ordre de l’état major
l’état minotaure
trouille de faire les cents pas vers les cents cieux
de marcher tête haute en bas
yeux baissés en haut
trouille de ma jarre crânienne
trouille de mes os pelviens
trouille du dieu pourrissant
trouille du diable repoussant
trouille de tomber dans le panneau
et trouille que le panneau soit en sens interdit
en cul de sac y’a rien à voir
trouille des abattoirs
où ça sent la ferme et le fer
le cochon qui transpire des veines
le veau qui s’urine dessus
la brebis galeuse
100% bio
trouille de l’odeur de sainteté des malsains de l’odeur des aisselles des archanges de l’odeur huileuse des plumes de canards des archanges
trouille du cancer des couilles
trouille des vitamines C des hépatites A des plans Q des jours J des rayons X des fichés S
trouille qu’il t’arrive quelque chose
un faux pas un mauvais présage
du mauvais sang un karma cassé
coincé entre les dents des sales lendemains
des lendemains qui sentent la forêt rôtie
l’aisselle salée des CRS
l’eau de mer noyée
trouille qui ne se passe rien
trouille des vers de terre dans les yeux
des papillons dans le ventre des crabes sur la langue des poulpes entre les vertèbres
des hippopotames au fond de la bedaine des milles-pattes en fœtus dans le nombril
des araignées au plafond
des chauves-souris dans les sourcils des truites dans le nez
des coccinelles dans la cervelle
trouille du pays des merveilles trouille de la nation pornographique x-racine x-tradition x-patrie x-souche
trouille d’être pneumatique
caoutchouteux
mou mou mou
trouille de me déballer
de m’emballer
de me remballer
et de me consommer comme un burger à la salade grise
trouille
de m’enflammer de me refroidir
trouille du boss trouille que le boss me parle trouille qu’il me dise bosse
sois créatif et tais-toi
sois force de proposition et nique ta mère
il n’y a pas de problème juste des solutions tête de con
trouille qu’il se déguise en père noël, boive une canette de coca
et chie sur le sapin de noël
sur les enfants qui pleurent sur la grand-mère qui crie
trouille d’être en extinction et de me retrouver sur le site de la WWF
trouille de vomir mes restes de pizza sur le panda de la WWF
trouille d’avoir les os comme des baguettes chinoises
qui pincent mon ramen trouble à l’intérieur
mes champignons sous-vides à l’intérieur
trouille d’être sur la corde raide
la pente froide
sur le fil du rasoir
de me retrouver dans l’estomac d’un cachalot
sans espoir
les pieds dans l’eau
avec l’odeur de calamars morts
dégonflés
trouille de me retrouver
dans un endroit noir où ça ne sert plus à rien de mentir
de me mentir
de faire semblant
de planquer ma tête sous le tapis
sous l’oreiller pour plus rien entendre
pour fermer nos bouches
trouille d’être
inaperçu pas perçu
entraperçu
trouille d’être invisible
à poils invisible
trouille d’être indélébile
pas lavable
pas solvable
pas rentable
trouille d’être un trouillard
qui s’enfuit dès que t’as le dos tourné le poing levé
les yeux crevés
les mains jointes
le cœur
lourd.

Poème d’Orléans

à Orléans
à la télé un mec plante
de grosses piscines pour des texans
parce qu’ils veulent se détendre
le soir en rentrant chez eux
boire des martinis
niquer dans le spa à 6 jets
nager avec les crapauds morts
qui ont dans l’estomac des papillons noyés

à Orléans
y’a pas de crocodile
mais y’a des jolies filles
qui tombent à l’eau
comme des gouttes de pluie
et s’effacent
un requin géant rôde
il avale les chinois velus
et leur sorbet à la fraise
il y a même des panneaux
CHINOIS VELUS
ATTENTION AU REQUIN
mais personne n’y prête attention
et les chinois velus continuent de disparaître

à Orléans
le mec des piscines dit qu’il y a tout un tas d’options
pour le plâtre
tout un tas d’options pour le revêtement
la couleur
un tas d’options pour la terrasse immergée
et il dispose des torches au gaz
sur le rebord de l’eau
et il brise les rochers
retranchés comme des taupes
avec son pote qui possède une foreuse énorme
il veut être le roi des rochers le roi des piscines
le roi des chutes du Niagara

à Orléans
il ne se passe rien
qui ne soit plus croustillant
que mes frites molles
achetées dans un kebab plus sale que la nuit noire
où le vendeur n’avait pas de sauce andalouse
mais que des gouttes de sueur
une odeur de béchamel et d’oignons
une plaque de grillade plus cancérigène que le cœur d’Hitler
et les toilettes ressemblaient
à une maladie

à Orléans
Le mec des piscines dit qu’il a dégoté
quelqu’un qui se spécialise
depuis des années
dans les pirates robots
les squelettes qui ramènent leur danse macabre
et qui gardent des trésors qui ne valent pas un clou

à Orléans
la Loire brosse les dents
des nuages
et emporte
des miettes coincées entre les ailes des oiseaux

à Orléans
la meuf des piscines veut pouvoir passer derrière la cascade
comme à Hawaï
où elle a peut-être rencontré le démon
de derrière les cascades
qui lui a promis monts-et-merveilles

à Orléans
Jeanne d’Arc
est bonne
sur son cheval
on dirait une actrice porno
productrice de gonzo à gogo
performant
en un soir d’été
tiède comme l’intérieur d’un anorak
90 tète à queue
et du coup toute la ville lui a dressée cette magnifique statue d’hommage universel
pour service rendue à la nation

à Orléans
la nuit d’hôtel est plus chaude
qu’un museau de veau
on a l’impression d’être englué dans un rhume
et ma langue n’est plus qu’une tourbe de bière tiède
ressassée
alors j’irais bien au Texas
squatter leur piscine fabuleuse
mélanome turquoise d’un monde

qui essuie son front blême

Cerveau à vendre.

Je revends mon cerveau
sur un site de cerveaux usagers
et on me pose des questions
qui dépassent mon crâne vide
Bonjour votre cerveau est-il
douloureux ou joyeux ?
J’en sais rien
aux dernières nouvelles
j’étais pas trop au top
comme un tuyau d’aspirateur bouché
par des poils de chat
et aussi je me sentais tout dégonflé
comme un trognon de pomme
Salut ! Je suis intéressé
par votre cerveau mais
possède-t-il quelques notions
en mécanique des fluides ?
Bah j’ai rarement planté des clous
dans les rivières
désolé
ni même poncé les torrents
ou dévissé la pluie
Voir scié l’océan
Hello votre cerveau a-t-il
des souvenirs de paysages éthiopiens
j’aimerais bien avoir été là-bas
j’ai pas trop la tune pour y aller
par contre 12 euros le cerveau ça va
non je n’ai pas de souvenirs
des paysages chimiques de l’Éthiopie
mais je suis déjà allé en Italie
voir des Véronèse pullulant
et manger des bigoli in salsa d’acciughe
c’était pas très bon d’ailleurs
et puis les 14h de route
ça m’avait mis K.O.
Bonjour monsieur nous avons
baisé vous et moi par le passé et je 
cherche à savoir ce que ça fait
de me baiser 
votre cerveau est-il toujours dispo ?
euh… dans mes souvenirs
te baiser ça fait du bien
Bonjour, nous sommes une association
et récoltons des cerveaux pour les mettre
dans des animaux 
pour qu’ils possèdent une pensée et une âme
quand pouvons-nous passer prendre le votre ?
Bonjour, quand vous le
souhaitez mais à condition que je sois
implanté dans un marsouin
je trouve que les marsouins donnent l’air
de sourire tout le temps
Bonjour mon mari et moi
retapons des cerveaux
pour en faire des décorations de noël
le vôtre est-il toujours disponible ?
quelles sont ses dimensions ?
les dimensions suffisantes
pour le rentrer
dans le cul du père noël
Bonjour je collecte les cerveaux pour
des simulations scientifiques
super utiles
je souhaite expérimenter une illusion
où vous seriez un dieu du sexe
une machine à orgasmes
s’envoyant au ciel jour et nuit
même le dimanche
(vous auriez aussi trois bites à la fois)
Bonjour mon adresse ci-joint
passez quand vous voulez.

bain à l’eau de rose

Je vais me mettre
plein de petites narines
et respirer mille fois à la fois
Ton parfum
c’est gaga mais rien à foutre
en outre
ça me broute
au taf la clim est frisquette
et sent le spermatozoïde d’androïde
l’ovule de module
alors je jette mon nez à la poubelle
en visant le panier comme au basket
et quand je me rate parce que je suis un gros nul
il rebondit sur la moquette
avec un air triste
caoutchouteux
qui veut que tu le consoles
le prenne dans tes bras et le recolle à ma trogne
D’un bisou magique
je veux des pluies de bisous magiques
cicatrisants 
Effervescents
des inondations de petits cœurs
Noués
une piscine de crème glacée
où plonger
pour me planquer comme
une chiffe-molle
parce que ça cogne fort
dehors
ça fait des dégâts 
ça enfonce des paquets de poils noirs dans l’épuisette
ouvre des chairs
à fleur de peau
verse des bétonnières gluantes
dans la gorge et les yeux
pour tout murer 
mais ton poing
est super fort
super punch
il craque comme l’orage
peut dégommer un adversaire
à plus de 1000 mètres
En un éclair
Sniper d’enfer
alors je ne m’en fais pas trop.