Interview ministre #3

-Ouaaa monsieur le ministre des intérieurs, quelle odeur sexy s’échappe des gaz lacrymo…

-Nous les avons aromatisés à la fraise.

-Brillant.

-Merci.

L’attaque des chiens tueurs venus de l’espace #nanar

Billie vit en Meurthe et Moselle avec sa petite amie Cynthia, une spécialiste reconnue du toilettage pour chien.  Tous les deux s’aiment d’amour tendre et sincère, et les jours paisibles défilent où rien n’arrive de particulier, ni de général. Billie aime passer la tondeuse à gazon, alors régulièrement il taille les haies. Cynthia joue innocemment avec les chiens errants, les papillons et les grenouilles. Elle boit la pluie parfois, et contracte les maladies des nuages. Un jour qu’elle shampouine un épagneul breton dans son salon de toilettage, elle découvre rapidement qu’il est couvert du sang de son oncle Ferdinand et qu’un étrange agroglyphe constelle son pelage… 
Amande Cresson (le vaisseau spatiale de l’amour 3) rencontre pour la première fois Fabien Rigolo (les fruits de la transcendance, Polterguine) pour former l’un des duos les plus explosifs du cinéma internationale ! Hémoglobine, caniche, toilettage, extraterrestre…. laissez-vous captiver !

 

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Texte écrit pour “Nanar”, compilation de faux synopsis nanars écrits par mes soins et de dessins de Quentin Sagot (matez son site ici)

Interview ministre #2

-Vous parlez, Mr le ministre, d’un nouveau genre de policier.

-oui voilà de quoi je parle (il sort une photo de sa poche)

-Mais c’est robocop avec un fusil mitrailleur…

-Oui exact…mais on a programmé sa bouche pour qu’il sourit tout le temps !

😊😀😌

-Brillant.

-Merci.

Interview ministre #1

-Parlez nous un peu de ce nouveau dispositif, Mr. Le Ministre.

-Pour le maintien de l’ordre nous disposons déjà de canons à eau très performants mais j’ai eu l’idée d’ajouter dans l’eau des piranhas pour que le manifestant se fasse bouffer la gueule en plus.

-Brillant.

-Merci.

Chronique d’Open-Space #2 mauvaise digestion

Ce matin tout allait bien, les analytics fourmillaient sur les écrans, issus des remous spasmophiles des tracking-bots dont la fleurissante activité dégorgeait des torrents de datas users, sous forme de grosses giclées compressées de chiffres brandis et de courbes molles, tout un geyser d’informations obstruant les boîtes mails de chaque employé apte à téter comme du petit lait les fluides alléchants des statistiques, tandis que leurs pupilles maigrichonnes s’enflaient aux scissures des enduits bleutés des écrans, aux parcelles des tablatures excels et aux stries des plannings multicolores, ce matin tout allait bien, les réunions remplissaient les box vitrines (mind box for spirit infinite, sorte de cages à poules où se concoctaient les décisions immanentes, de l’extérieur l’impression de regarder des humains dans un laboratoire où des enfants géants viendraient s’amuser à leur décoller les organes), tandis que les conf-call abondaient un peu partout en inoculant dans le vide des couloirs de dépressives logorrhées verbales, mélange poisseux de franglais bouffi et de voix skypés aux modulations rauques de l’au-delà, ce matin tout allait bien, on avalait son café tout naturellement dans une salle de pause légale en s’étourdissant d’autocollants au lyrisme cauteleux ici on partage tout, surtout ses bonnes idées ; soyez vous-mêmes, tous les autres sont déjà pris ; Seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu’ils peuvent changer le monde, y parviennent, ce matin tout allait bien, les managers manageaient leurs subalternes en jutant des litres de directives spumeuses lors de sinueux marathons d’un secteur inaudible à l’autre de l’open espace, ce matin tout allait bien, les néons jaunes du plafond pissaient sur la gueule des gens indéfiniment, l’électricité ne faiblissait jamais, un jet indélébile et sans chaleur d’urine aéroportée intacte, et certains employés, à l’écart définitif des fenêtres, ne connaissaient du jour qu’un rayon de soleil crevard, pendant la pose clope de 11h, comme un jaune d’œuf vitaminé éclaté sur leur gueule, ce matin tout allait bien, sauf pour Fred.

Fred d’habitude il gare sa caisse suppositoire pour autobus au fond du parking, sauf que ce matin, zéro place libre, ça le fait rapidement chier de rouler en rond, mais il finit par se planter entre une laguna de sous-fifre et une audi SUV de manager. En décapsulant sa portière, l’air congelé s’engouffre en viscosités glaçantes supersoniques sur sa gueule, ses mains crues, son front tiédasse, ses cheveux lissés, comme la langue gluante d’un fourmilier, agglutinant les odeurs de clopes, de café froid et d’aisselles anxieuse, les aisselles stressées de Fred qui pleuvent non-stop dès qu’il est en mode panique optimum, alors que la pression le submerge et l’incorpore de l’intérieur dans sa propre insignifiance. Aujourd’hui y’a autre chose en plus de la peur sous-vide du taff… une viande neuve d’impression, il a dû choper une saloperie pendant ses vacances à Istanbul, un mal qui contracte les canaux fluides de son bide, comme si un gros opossum mort tout liquoreux se resserrait en ballon de pourritures et pressait les caveaux de sa panse. Il se remémore le burger qu’il s’est enfilé la vieille en mode c’est la fin du world défonçons-nous dans les royaumes de lards grillés, de steaks obèses et de fromage mastoc (Adipe Roi), peut-être que c’était la bouffe de trop, celle d’hier, après les nombreux jours à se repeupler les intestins dans les restos touristiques hypertrophiés de monde, gavage en règle qui sécha même souvent ses envies d’hollidays baise par des ronflements lipides. Les cocktails à la goyave et les gambas désossées aux doigts truelles, les mains qui puent l’ail grillé et le crustacé, les montagnes de cacahuètes, les goinfreries d’ananas, son ventre a pris un jeton mémorable, qu’il ballotte tant bien que mal.

Il vomit juste à côté de la laguna familiale. Merde… même pas su viser le manager… c’est reparti pour un tour… démarrage de l’auto, pas zoner plus longtemps à côté de sa flaque, opter pour un ni vu ni connu, laisser tout mûrir là (après tout l’entassement des déchets fait le monde constant, tas de peaux mortes, de merde, de sang, de sperme, de cadavres, et de salive, qu’on planque tant bien que mal dans des aspirateurs, des douches, des vêtements, des mouchoirs et des cercueils, TOUT le monde est coupable). Fred a trouvé une nouvelle place correcte, et il n’a pas vomi, encore mieux. Reste que son estomac est une cafetière hystérique qui commence à brûler son jus, à faisander ses acides, et à se cramer dans ses particules fines et ses ourlets gastriques. Il se grouille, avec un air d’affairement, un air d’affluence, de foule, de remuement, il a l’air d’avoir des choses à faire et il a l’air d’être en retard pour les faire. Les portes battantes automatiques de l’entrée le ralentissent, elles tournent comme des paupières qui ont un truc dans l’œil, mélangent et distribuent les passants pour s’en débarrasser. Il lance un bonjour matinal obsolescent aux gens de l’accueil qu’il ne connaît pas et qu’il oublie très vite (et inversement). Il a une réunion, il fonce, c’est où ? bonjour collègue c’est où putain ?? box merchandasing product owner c’est le Bâtiment B et là il est dans le C alors il doit traverser le D puis il arrive au B, la box vitrine est là, à l’intérieur de laquelle tous ses collègues gesticulent comme des têtes de crevettes sur un tapis broyeur, pour échanger des bonnes pratiques d’objectifs à atteindre dans les meilleurs délais tout en respectant au mieux l’efficacité des processus établis en vue d’une productivité primordiale. Il va faire son entrée triomphale de retardataire, son intrusion dans le sas spatiale de ses collègues en combinaison de gens sérieux et impliqués, dans TROIS, deux, un… mais … vomit… vomit sur la porte en verre et la dégoulinade s’étend comme un pot de crème semi-épaisse, avec une odeur assez inattendue, qu’il n’a jamais sentie à propos de son ventre, une odeur d’herbe tondue, la même lorsqu’il jette le contenu du bac de ramassage dans la poubelle verte, cette effluve gonflée et tiédasse, piquante et jaune. « inventer, c’est penser à côté » (Albert Einstein), auto-collé sur la porte, il a vomi en plein dessus, conséquemment, une nappe splendide, massive, sur Einstein… mais comment peut-il posséder en lui autant de vomi à rendre ? Ce matin, sans grande faim, il s’est juste enfilé une modique tranche de brioche, et ce qu’il contemple sur le vitrage infecté ne ressemble pas du tout à de la brioche en purée. Sa gerbe se compose d’un liquide âpre orange et de multiples petites boulettes blanches comme des espèces de têtes de cotons-tiges. La vue, l’odeur, les collègues interloqués, choqués, éberlués, par tant de réalités corporelles planquées chaque jour sous une belle peau, de beaux sourires, des chiottes nettes, sans poil de bite, sans tampon usagé, planquées sous des cheveux coiffés, lustrés, sous des vêtements propres, sous des bouches pleines de dentifrices au fluor, et sous la moquette qui avale les traces humaines comme un sol cannibale, tout ce vernis se gerçait d’un jet de gerbe de Fred. Une autre portion de gerbe glorieuse titillait déjà son pharynx. Il allait repeindre tout l’espace si ça continuait. Se précipiter aux chiottes tout de suite ! mode urgence climatique.

On le vit courir de toutes ses petites économies de force professionnelle à travers le Bâtiment B, direction la jonction C, où se trouvaient les chiottes les plus accessibles. Les collègues n’en revenaient pas. Certains, dégoûtés jusqu’à l’extrême, prenaient l’air de ne rien savoir, pas facile en vrai, surtout que la clim ne recyclait pas assez vite l’air mafflu d’odeurs végétales qui formaient des poches insoutenables dans l’air. D’autres ne reniflaient rien, piégés à l’intérieur de la box, trop peureux de se confronter à la mare ignoble de vomi perlant jusqu’à la moquette, juste en sortant. Les derniers s’activaient, recherchant un technicien de surface, le grand nettoyeur, le super héros qui garde ces lieux comme un cul propre de bébé. Personne ne prit l’initiative de s’intéresser à ces petits grains de riz minuscules régurgités par Fred dans la flaque orange, en même temps personne ne détaille le vomi des autres, et c’est le technicien de surface qui fit les frais, équipé de gants rose, d’un vapo de javel et d’un chiffon, le pauvre, lorsqu’il commença à arroser la gerbe de solution citronnée, un des grains se décolla des résidus pour s’enfoncer dans l’évidure de son œil droit. Il ressentit une vive brûlure, d’une intensité croissante, il s’était foutu de la javel bordel ou quoi ? Il arracha ses gants en hurlant, pour se frotter l’œil infecté, mais  son orbite n’était déjà plus qu’une boule de feu terrible, qui gonflait, rouge tumescente, et son arcade sourcilière se boursoufla, bientôt insensible et flasque comme un carré de flan violâtre, tandis que sa joue se transforma en une grosse tomate brune, gavée de liquides tièdes en osmose, il ressentait les battements de son cœur mitrailler ses veines, on fit un cercle autour de lui, on s’enquit de savoir s’il n’y avait pas un spécialiste médicale, on appela les secours, le référent secouriste déboula en trombe pour essayer de faire quelque chose qui montrerait sa prise de responsabilité dans toute cette putain d’histoire, mais très vite le technicien n’eut plus d’œil, plus d’orbite, juste un gros bulbe congestionné de matières qui voulaient se décharger au grand jour, exploser sur tout le monde, et c’est ce qui se produisit, tous les jus concentrées dans l’oignon jaillirent, comme une bombe à fragmentations, crachant des bouts de chair congestionnée, de peau sulfurée, et des liquides brunâtres, le groupe fut littéralement aspergés de fond en comble, et dans ces fluides à l’odeur gazonnée de petites graines blanchâtres se dispersaient aussi, atteignant les prunelles, et les yeux contaminés s’enflaient de nouveau. Hurlement, fuite, puanteur. Des humus fertiles des pupilles de chaque collaborateur malchanceux naquirent de grosses fleurs poisseuses qui éructèrent des jus innommables sur l’ensemble des murs blancs customisés de phrases heureuses, et sur toutes les moquettes pelucheuses, et sur tous les bureaux anorexiques et sur tous les ordinateurs, entre toutes les petites lettres des claviers remplis de peaux mortes.

Carnet d’un épidémiologiste revenu des lieux.

Flore invasive, véritable jungle, origine inconnue. S’enracine et se développe dans les yeux, matière nutritive, en remontant le nerf optique et en pompant le cerveau. Le sujet porteur, retrouvé dans les toilettes, avec le ventre ouvert comme un « catalogue de jardinage » (humour de biologiste).

Performance #3 cannibalisme

Il découpe ses poignets d’amour, les cuisine en tartare avec un peu d’aïl puis les sert sur du pain de seigle suédois à ses convives lors de l’inauguration de l’expo. Étonné de ne voir aucune œuvre accrochée, les convives questionnent l’artiste.

“l’œuvre est au fond de vos estomacs” sourit-il en montrant les bandages sur ses hanches.

Si certains vomissent allègrement, d’autres réclament de nouvelles pièces du boucher.

Cosmos #2 étoiles

Une étoile se visse et se desserre * respire et étouffe * se gaspille et s’économise * son propre poids comprime la commotion des organes internes * la dispersion des boyaux d’énergie rétractée * masse critique tas limite * une étoile pète les plombs mais reste clouée sur place * une étoile veut dire ce qu’elle a sur le cœur * ce qu’elle a dans le ventre * mais tout se ramasse et s’asphyxie * inspire et suffoque * comme quand on avale de travers * une étoile s’avale de travers * s’étrangle avec une arête * une courbe d’espace-temps * une étoile se comprime en suant des grosses gouttes de lumière * une étoile enroule son cri dans sa langue et l’enfonce dans sa glotte comme un crapaud * une étoile rêve éveillée de ses cauchemars comateux * une étoile irradie * mais se crispe vers sa mort * une étoile s’envoie en l’air mais reste scotchée à son lit d’hôpital * une étoile crache dans sa gorge * vomit dans son estomac * chie dans son anus * pisse dans sa vessie * une étoile grossit en maigrissant * une étoile grelote dans sa viande chaude * une étoile voit en s’aveuglant * une étoile veut prendre son envol mais reste collé au nid * une étoile avale et éjacule * une étoile s’engloutit dans son noyau * un étoile ne veut pas finir sa vie dans un trou à rat avec un papier peint humide mais n’a pas une tune * une étoile serre les dents mais veut ouvrir la bouche * une étoile contracte ses muscles mais n’a que la peau sur les os * une étoile bouffe un kebab mais ne grossit pas * elle a un trou de vers en plein milieu du ventre

 

à l’avenir #1 : transmerde-humanisme

A l’avenir plus personne ne va chier. Des nano-machines directement implantées par colectomie dézingueront la merde en la téléportant dans une dimension parallèle. On stockera notre merde dans d’autres univers. La grande occlusion des anus, devenus aussi inutiles que des petits doigts de pieds, augurera l’ère des culs métaphysiques, éloignés de toutes souillures métaboliques. On se souviendra, sous forme de légendes bizarroïdes (il y a longtemps, l’humanité était soumise au Dieu chiotte etc.), on se souviendra du temps où l’on donnait à la terre le fruit de ses entrailles, où l’on s’incluait dans le cycle naturel bien malgré nous, et où l’existence était décomptée au minuteur des boyaux. Peut-être même que des habitants d’autres univers stockent déjà leurs excréments dans le notre ! Les soleils comme autant de fontaine de pisse et les trous noirs comme autant de sphincters motivés. La gravité, simplement la désescalade de leurs matières fécales. On prospère là-dedans, à l’image des insectes dans du fumier.

 

Suite de peaux suivie de la tirade de la peau

pas bien dans sa peau. juteuse de tous les pores. qui aboient comme des chiens de soleil la gueule sèche la langue brune les canines carmines pleines de pansements à l’eau de pluie de tatouage à l’hémoglobine d’étoiles pouilleuses. des clébards en chien qui reniflent les yeux pas clairs les yeux en peaux de troubles qui songent aux aiguilles pointues. rêvent de se faire clouer le ciel directement sur l’orbite. la peau bleue clouée du ciel directement sur le nerf optique. pas bien dans sa  peau trouée d’un trou qui ponctionne la litière noire du cerveau. pas bien dans sa peau qui s’étire en surface avec l’odeur du linge triste aiguë comme une bouille mouillée de rhume tiède. pas bien dans sa peau l’impression d’être un gravas de viande emballé dans du cellophane qui sent les étouffements étranglés. impacts rouges substance volcanique cendres d’épidermes. épluchures de peaux de terre de peau mal dans la pomme de terre. qui se tend à se tordre en ordre dispersé. sur les pataugeoires à huile de baleine des ventres mous de l’intestin à toboggans de bouffes grasses hamburger dégoulinant de bourrelets lyophilisées de sachet en poudre d’ourlets à verser sur les jours. comme des oranges pressées vitamine C mal dans sa peau. qui gratte les déchets toxiques de la ville le ruissellement des villes grotesques charriant les peaux décédés des cervelles poussières de cocaïne d’œstrogène d’antibiotique dépressurisant. mal dans sa peau les pelures électriques des plaies de l’angoisse des gens dans les caniveaux de poissons qui claquent des os et des nageoires. mal dans sa peau les dilutions de stress de chairs internes les mixions de malaises les dépotoirs de dépôts de peur des gens sous pression dans les sas de dépression. presque dans les étoiles presque dans les épisodes de star trek. des gens à la peau sous-marine en boule de sous-marin. comme un hérisson aux picots crispés le derme hérissé de marteaux-piqueurs perforant l’extérieur. la peau ébouriffée de barbelés et de caméras tétant les images comme des nourrissons un lait létal. la peau en pelote dans sa carapace contre la terreur intérieure de l’extérieur la frayeur intestine de l’extensible. mal dans sa peau cherche refuge dans les replis plissures comme un insecte sous l’écorce la peau affolée la peau qui se sue se mue. manque de peau la peau qui se suinte. manque de peau la peau qui grelotte de la molaire qui flageole des gencives. frissonnent. la peau qui n’a pas

le cuir bien épais.