Quen’abel-Mikao est dispo !!!

en Lozère
avec un ami
on a construit un totem
pour connecter
le ciel et la terre
puis on a chanté puis on a chanté
et on a encore chanté

Pour écouter les chants on les retrouve sur Bandcamp :

Et pour choper go sur le site des éditions ni fait ni à faire :
https://www.editions-nifaitniafaire.fr/quenabel-mikao-anael-de-quentin-sagot-anael-castelein

des bisous.

 

SPAM POÉSIE. Poépâté pour chat.

“où les chats donc virevoltent-ils avec leurs langues anti-matières vers Venus qui sent le gruyère ou Neptune qui pue la serpillière j’ai mal aux joues aux bas joues des joues d’en bas aux joufflus des joues de Jul je donne ma langue au chat tandis que des cornichons en forme de citron se dorent sur le grill de Pluton tandis que le coeur d’un escargot gluant fond sur fond de soleils couchants tandis que les saucisses dorment en boule dans les oreilles de Spok faudra faire quelque chose on a retrouvé des pastèques empâtées dans les rations de gelée à la souris cosmonaute ça sentait pas la fraise des bois ni la prune domestique mais c’était drôle comme du chamallow les chats d’ailleurs mangent-ils les gelées de chamallows à la châtaigne dans un château d’eau châtain ? Et le chagrin dans quel chat gras se charrie-t-il ? Le chagrin s’acharne-t-il à sécher à chaque chat ? Le ronronnement tari du chat cherche-t-il le lait dans sa chair chaleureuse ? Et où vont les chats dans leur après-chat, chasser des souris sottes ou charmer des chamans en short ? C’est le chakrat rat des chats, telle est la chastion.”

 

Crevette dans la tête

C’est pas beau les résultats du scanner
3 semaines avec le crâne sous la grosse patte d’un char
de l’intérieur
chenille qui patine dans les méninges
et la cervelle
servant de bout de mâchouille à une boule-dogue abstrait
C’est pas beau les résultats du scanner de votre cervelle
me dit le scannerologue
avec sa gueule d’ampoule convulsive de diaphanes
il a l’air de s’y connaître en pas beau
au vu de ses joues tellement blanchâtres
qu’on les croirait brosser aux spermes de bélouga
Ce n’est pas bon tout ça
dit-il en manipulant les images médicales de ma tête de linotte
alors je me dis
je me suis peut-être trop éclaté le cerveau avec les fêtes et l’alcool et les drogues
comme le moindre abruti venu
sauf que mon cerveau semble avoir la constitution
un peu soupe-au-lait
d’une limace
voyez ceci…
je regarde comme s’il me montrait une photocopie
de la vérité de l’univers
sauf que je vois
une grosse noix en noir et blanc
et…euh… une masse euh… une sorte de courgette sombre…
C’est une crevette… On l’appelle Cervelette, la crevette du cerveau
(c’est pas moi qui ait choisi le nom précise-t-il)
(mais un chirurgien pas drôle)
je regarde attentivement, effectivement, on voit la grosse
tête qu’on aime bien décapiter sauvagement et les petites pattes qui font
chier
à
enlever
(et qui se foutent sous les ongles en petite gadoue de chair)
alors je demande si y’a moyen de retirer tout ça
avec une bonne chirurgie des familles
et que je la bouffe ensuite avec de la mayo et du paprika 🙂
(et je rigole comme un con)
(il me regarde dépité)
(comme une espèce de bite molle devant quatorze topless)
(ou un steak devant trente zombies)
vous voyez ces fines tiges qui couvrent la zone de votre cerveau
oui je vois ces fines tiges qui couvrent la zone de mon cerveau
ce sont ses antennes, elle en a une dizaine,
avec le temps elles s’entortillent dans les réseaux nerveux
comme des… euh…
de lierres ?…
au bout d’un moment les antennes sont beaucoup trop intriquées avec la matière grise
ce n’est plus opérable…
et du coup qu’est-ce que je fous moi ?
je vous conseille cette association spécialisée dans les cerveaux crevette
me tend un fascicule
qui sent la mort
le destin irréparable
le ciel qui se disloque en morceaux d’espoir sec
comme des biscuits de feu
il va se passer quoi ? Je vais crever ?
oui… dans les prochaines semaines.
Putain. On attrape cette saloperie comment ?
les surimis infectés…
Putain.
J’ai jamais aimé les surimis.

Les jours qui suivent
par goût de la provocation
il avale une cuillère de mayonnaise chaque matin
et chaque soir croque des crevettes rose
en leur arrachant la tête sans sommation

sa meuf le quitte parce qu’elle n’est pas capable
de soutenir son regard de chien malingre qui sèche
sur le séchoir à linge de la mort
de supporter
son air de baleine qui éclate de l’intérieur
et qui va se noyer dans ses organes
en plus elle lui a dit
maintenant quand on fait l’amour
je vois cette grosse gambas dans ton crâne
se trémousser
ça me fait des houles de hauts le cœur
et une envie de gerber effroyable

son sperme est devenu
une espèce de jus de crevette
spongieux
et il ne se branle plus que devant
du shrimp porn

le désespoir l’avale tout cru
avec une envie de boulette de viande
le désespoir le goudronne de glaire
mouchure et sécrétion
il se dévisage dans le miroir
la détresse a creusé ses traits
ses joues ses yeux son nombril
les trous et les boules de son corps
pour les creuser plus et les crever
la salicoque mâchouille
ses pensées
sans scrupule
comme des algues minuscules

Les symptômes des derniers jours sont décrits ainsi
sur doctissimo
une impression barboteuse
barbouillante ondoyante
des visions de mer primitive
se sentir minuscule
zooplancton
fragile mais intouchable
au cœur des immensités électriques
où pullulent les cafards
en nébuleuses noires
mais c’est peut-être un peu
trop lyrique.